Ligier Richier
Ligier Richier, le plus grand artiste Lorrain de la Renaissance, est né vers 1500 à Saint-Mihiel, dans le milieu actif et ouvert de l'élite artisanale. Dès 1530, protégé par le Duc Antoine de Lorraine, il est présent sur d'importants chantiers princiers. Ligier Richier travaille le bois, mais surtout la pierre calcaire tendre au grain fin, clair, aux veines rares, exploitée à Saint-Mihiel et à Sorcy. Il expérimente des techniques raffinées de polissage, par lesquelles il parvient à donner à la pierre l'apparence du marbre. Converti à la Réforme, Ligier Richier finit ses jours à Genève. Après lui, ses fils et neuveux ont maintenu la réputation de son atelier. Les oeuvres de Ligier Richier sont toutes d'inspiration religieuse ou funéraire. Le caractére traditionnel des sujets et la Passion du Christ y occupent une place prédominante.
Son école de sculpture a laissé de nombreuses oeuvres dans la région perpétuant ainsi le savoir-faire des " Maîtres Imagiers ".
Le Sépulcre
Eglise Saint-Etienne
Récemment restauré, le Scépulcre ou Mise au Tombeau, est à juste titre reconnu comme un sommet de la sculpture lorraine du XVIème siécle, l'un des plus beaux ornements du riche patrimoine de Saint-Mihiel, une oeuvre capitale de Ligier Richier. Cet ensemble de treize statues plus grandes que nature, en pierre calcaire de Meuse au grain très fin, est la dernière réalisation du sculpteur et lui aurait exigé une dizaine d'années d'effort, avant son départ pour Genève en 1564.
Ligier Richier donne à la scène de l'ensevelissement du Christ une version savante, élaborée, et traite de plusieurs sujets simultanés. La délicatesse des détails donne au spectateur un plaisir infini, sans altérer son émotion.

La Pâmoison de la Vierge
Eglise Saint-Michel

Réalisée en 1532, cette oeuvre, constituée à l'origine de neuf personnages, n'en compte plus que deux aujourd'hui. Seuls " rescapés " de la Révolution, la Vierge Marie et saint Jean, sont sculptés dans du bois de noyer et ont perdu toute trace de leur polychromie initiale. Le mouvement de leurs corps s'oppose : la Vierge ne pouvant endurer plus longtemps la souffrance engendrée par la mort du Christ s'affaisse dans les bras de saint Jean qui redresse ce corps sans force. Les drapés et la chevelure de saint Jean sont caractéristiques de cette période artistique où le corps et l'anatomie sont mis en avant.